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Saynète IV

De petites histoires pour vous donner la saveur du Monde de Jeu.

Saynète IV

Postby Geist » Sat Dec 29, 2012 2:43 pm

Quelque part au Nord de Qillia, il y a quelques années...

De grandes portes de bois épaisses bardées de lourdes décorations d’airain s’ouvrirent alors sur une salle sphérique au centre de laquelle plusieurs serviteurs entretenaient un intense brasier, brasier grâce auquel il y régnait une douce chaleur.
La salle était classique, construite au moyen de blocs de glace magiquement traités, prévue pour être fonctionnelle, à peine décorée de quelques draperies aux couleurs mettant en valeur les couleurs du Folkstam: Un Serpent de mer gris sur fond vert vif.

La moitié de la salle était composée d’une estrade de bois décoré ; haute d’un bon mètre, sur lesquels treize sièges étaient répartis en arc de cercle. Douze d’entre eux était sobres et confortables, le siège central quant à lui était un trône richement décoré. Entre le brasier et le conseil, un cercle était gravé dans le sol, le Sirkel av Klager : l’espace des doléances.
Les lueurs du brasier et des torches se reflétaient et dansaient sur les murs de glace donnaient au lieu un coté profondément solennel.

Aujourd’hui c’est le Mos av Manen, un jour de réjouissance, marquant le début des longues nuits, un jour ou normalement le peuple s’amuse et s’octroie le droit d’être insouciant. Même les conseillers quittent leurs fonctions pour quelques heures.

Pourtant, le Thïlgem était réuni en séance extraordinaire, et sur le visage de ses membres nul plaisir, joie ou insouciance ; mais au contraire une profonde tristesse.
Douze des treize sièges étaient emplis, les dix Thindäl représentant du peuple, l’Hogendäl et le Selensogumell ; seul le siège du Lögsogumell était vide. En ce jour de Fête trônait l’Hogendäl Avrös.

Avrös était un colosse borgne de deux mètres dix, plus que fortement charpenté pour un Séléni. Sa peau était d’un blanc laiteux, son visage anguleux entouré d’une longue et épaisse crinière blanche en bataille lui donnant l’aspect d’un lion des neiges.
Bon vivant reconnu, aimant tous les plaisirs, habituellement joyeux et plutôt enjoué. Mais à la place de sa bonhomie naturelle, son visage était grave et fermé.

Encadré par quatre gardes en armes, un Sélénii couvert de chaines de glace runique, passa les lourdes portes de la salle du Thïlgem. Sa tunique couverte d’un sang qui manifestement n’était pas le sien.
A son entrée Avrös se leva instantanément, et tout le conseil porta sur l’homme son regard accusateur.

Il n’était pas très grand, et semblait théâtralement accablé, la tête basse, ses cheveux sombres dissimulant à peine un rictus et un sourire de satisfaction nullement caché.
Il portait une fine barbe noire, et possédait les yeux sombres, ce qui était rare pour un Séléni, et souvent le signe d’un noble lignage.

Avrös fit un geste de la main, et les gardes poussèrent, l’homme sans ménagement vers le cercle des doléances.

L’homme commença à pouffer de rire : « Te voilà bien ennuyé mon bon "Roi" ». Insistant bien sur ce dernier mot. « Comment vas-tu rendre la justice sans ce chien à la botte de l’Empire qui était le garant des lois qui ne sont pas les nôtres ? »

D’un geste réflexe l’un des gardes lui asséna un coup à l’entre-jambe qui eut pour effet de lui supprimer instantanément le goût de prendre la parole et le fit tomber à genoux.

Le garde, se rendant compte qu’il avait fait une erreur en frappant le prisonnier, porta son regard vers Avrös qui ne souligna d’aucune manière l’erreur commise.

Avrös dit alors, d’une voix profonde et solennelle : « Mes frères, je vous ai réunis en ce jour qui aurait dû être un jour de paix et de joie, pour vous apprendre la mort de l’un d’entre nous, notre ami Saradris qui était aussi notre Lögsogumell, assassiné par cet homme »

L’homme eut un ricanement étouffé, et leva la tête vers Avrös : « Massacré est plus juste ! Il m’a imploré de l’épargner, il pleurait encore comme une femme lorsque j’ai arraché son cœur. L’épargner ? L’épargner ? Comment aurais-je pu ; traitre et lâche même dans sa propre mort ? Allons, Selensogumell, n’est-ce pas ainsi que l’on triomphe d’un ennemi vaincu ? ».

Après ces mots, l’assemblée commença à gronder, vociférant sur l’assassin qui sourit de plus belle.

Le Selensogumell prit alors calmement la parole : « Dans un temps reculé, oui, il est vrai, quand notre peuple était jeune, c’est ainsi que nous agissions lorsqu’un ennemi n’avait pas d’Honneur. Mais enfin, il s’agissait de l’un des nôtres, d’un de nos frères pas d’un ennemi ou d’un traître, que Xéadan te par… »

L’homme bondit alors sur ses jambes, le visage tordu par la haine et la colère, il commença alors à hurler « Je crache sur ton dieu impie ! Je crache sur votre foi sacrilège ; vous n’êtes plus RIEN, vous avez oublié qui vous étiez, oublié d’où nous venons et qui nous sommes ! Accepté de rendre les armes et de vous plier aux lois de l’Empire ! Imposé au peuple un Roi Kuspa’a … Un BATARD ! »

L’assemblée médusé resta soudainement silencieuse, chacun regardant les autres, ignorant comment réagir. Le Selensogumell tenta de parler, mais fut à nouveau interrompu.

« Il fut un temps où nous étions de fiers guerriers, nous avions appris à dominer les éléments, heureux de notre sort, aussi dur fut-il. Pourquoi avez-vous trahis nos anciens dieux ? Pourquoi avoir détruit notre identité en acceptant ainsi leurs lois ? Abâtardi notre race en embrassant leur foi ? Avez-vous oubliez les anciens enseignements ? »

L’homme embrassa alors un à un les membres de l’assemblée, les toisant dédaigneusement : « Je vous méprise tous, j’ai tué ton fils Avrös, car il incarnait tout ce que je hais le plus : Votre Foi en Xéadan ! Comprends bien à qui tu dois cette souffrance cruelle. Je n’attends nulle compassion de votre part et je réclame l’ancienne sentence des meurtriers, le "Hogen Kalde Klør", les anneaux d’Hogen. Aucun d’entre vous n’a le droit de me le refuser, je refuse votre foi et vos lois impériales je ne crains ni la douleur, ni la mort : Jeg Bønnfaller Hogen, Begynner Blodbad ! »

D’un mouvement rapide il plongea son bras gauche dans les flammes, et, sans aucune douleur apprente, l’y laissa un moment sous les yeux médusés de l’assemblée. Quand il le ressortit, il n’avait que quelques brulures superficielles, sa magie fonctionnant malgré les chaines.

La condamnation fut votée à l’unanimité : D’après la Loi Impériale, tout Séléni pouvait demander à être jugé celons les antiques lois du peuple Sélénii. Il serait donc conduit à marée basse aux anneaux d’Hogen pour y être enchainé et périr noyé.
Avrös, avant cela, lui fit arracher la langue pour blasphème, comme les antiques lois l’autorisaient.

Le surlendemain de l’exécution de la sentence, au matin, nul ne fut étonné de ne trouver aucun corps encore attaché aux anneaux…
Geist
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