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Saynètes

Saynète II

De petites histoires pour vous donner la saveur du Monde de Jeu.

Saynète II

Postby Geist » Thu Dec 13, 2012 2:55 pm

Au coeur des Frondes Emeraudes, 1835 v.t.

Dérian se laissa tomber au sol, plus par intuition que parce qu’il avait senti le coup venir. Le bois de l’arbre à sa droite explosa, libérant des échardes qui lui lacérèrent la moitié du visage.
la bête derrière lui feula, frustrée d’avoir manqué sa cible, et s’immobilisa juste un instant.
Dérian, son coeur battant encore plus fort qu’auparavant, ce qu’il n’aurait pas cru possible, roula sur l’épaule et se redressa d’un bond. Blémissant devant les longues griffures gravées dans le bois, il essuya le sang qui commencait à troubler sa vision et résuma sa course folle au milieu des troncs millénaires.
L’Expédition avait pourtant bien commencé, quelques jours plus tôt. Il avait été recruté en tant que spécialiste en cryptozoologie, l’étude des espèces animales inhabituelles, pour prendre part à une mission d’exploration dans les Frondes Emeraudes, en bordure des terres Chlorodermiennes. L’équipe s’était constituée en Gatrial, au Sud-Est de l’Empire, avant de s’enfoncer dans la jungle sous la direction d’un guide natif, un Chlorodermien qui avait récemment rejoint les rangs Impériaux.
Il s’enfoncèrent ainsi d’une cinquantaine de kilomètres, faisant bien attention d’éviter les terres revendiquées par les Shogun locaux, avant de rencontrer le premier problème. Malgré l'atmosphère étouffante, humide et brûlante à a fois, tous étaient alors hypnotisés par la beauté de la nature les entourant, le vert brilliant des feuilles se mélangeant aux couleurs vives des fleurs. Ils en vinrent rapidement à oublier que derrière cette beauté à couper le souffle se cachait une multitude de dangers plus mortels les uns que les autres. Malheureusement, cette vérité devait rapidement se rappeler à eux.
Leur guide, un moment distrait par une question d’un des membres de l’expédition, dérangea une toile d’arraignée dont la locataire le mordit. Dans l’heure qui suivit, il était mort, bleu et boursoufflé, brûlé par le venin sur l’entièreté de son corps.
A partir de là, les choses allèrent de mal en pis pour les membres de l’Expédition. Perdus, il ne retrouvèrent jamais le chemin de la civilisation et périrent un par un, victimes des dangers insidieux des Frondes. Le premier mourut avalé par une plante carnivore, aussi grande que lui. Le second fut coupé en deux par ce qui semblait être une liane, avant d’être tiré par celle-ci vers sa gueule, cachée sous les frondaisons... Moins de 24 heures plus tard, sur vingt membres, Dérian était le dernier survivant.
Prudent au point d’en devenir paranoïaque, Dérian évita les pièges des Frondes durant des heures, n’osant pas s’arrêter pour se reposer. Finalement, ce fut la malchance, plutôt que son inexpérience, qui fut sa perte.
Evitant une plante aux allures de concertina végétale, Dérian entendit un bruit devant lui. Levant les yeux, il tomba sur un spectacle qui, en tout autre temps, lui aurait fait bondir le coeur de joie. Cette fois, c’est de terreur que celui-ci rata un battement.
Une créature de deux mètres de haut, aux allures félines, le pelage vert et rouge se mèlant aux couleurs de son environnement, le toisait, la tête haute. De longues canines sortaient de sa gueule, à la manière des légendaires Dents de Sabre et des griffes acérées terminaient ses puissantes jambes.
La Bête se déplia, et s’approcha de Dérian d’une allure souple, gardant ses yeux rouges fixés sur lui. Dérian y lut sa faim, et sa propre mort. D’un bond, la Bête se trouva à ses cotés, gardant son regard hypnotique vers fixé sur lui.
Lentement, les yeux rouges se plissèrent, et la créature fit basculer son poids sur ses jambes arrière.
Comprenant enfin le danger, Dérian sortit de sa transe. Dans un mouvement rapide, il tira son sabre et frappa le flanc de la créature, espérant la blesser et la faire reculer.
Malheureusement, ce qu’il avait pris pour une sorte de fourrure était en fait une carapace formée de fines écailles allongées. La violence inattendue du choc le surprit, et la douleur du coup lui fit lâcher son arme, qui disparut dans la végétion épaisse couvrant le sol.
Désarmé, il ne lui restait plus guère de solutions. Il se jeta à corps perdu dans la course, espérant un miracle qui lui permettrait de semer son prédateur.
Celà faisait déja une dizaine de minutes qu’il courrait lorsqu’il esquiva instinctivement le coup qui faillit le décapiter. Par miracle, il n’avait rencontré aucun des pièges mortels peuplant cette jungle durant sa fuite. Mais il savait que cela ne durerait pas.
Lorsqu’il déboucha sur une sorte de clairière quelques secondes plus tard, il sut qu’il était perdu. En terrain dégagé, la vitesse de la Bête ne lui laisserait aucune chance.
Epuisé, meurtri, il décida de mourir dignement, en faisant face à sa némesis. Il se retourna donc. Devant lui, la Bête avait repris une allure plus lente, l’examinant, comme cherchant à comprendre pourquoi sa proie avait changé de comportement et ne fuyait plus. Dérian savait que cela ne durerait pas et se prépara comme il pouvait à la douleur qui allait mettre fin à ses jours.
Soudain, un éclair métallique passa devant lui. Surpris, il baissa les yeux et découvrit son propre sabre, celui u’il avait perdu peu avant, fiché dans le sol devant lui.
Au même moment, la Bête, peut être surprise par ce mouvement, se jeta sur Dérian . Par pur réflexé, Dérian arracha son sabre du sol et le tint fermement pointé devant lui.
Emportée par son poids, la Bête s’empala sur la lame tendue, celle-ci s’enfoncant dans un poitrail musclé, mais non protégé par les écailles protégeant les flancs. Par chance, la lame trouva le coeur et la Bête mourut, s’affalant de tout son poids sur Dérian.
Au bord de l’étouffement, Dérian utilisa ses dernières forces pour s’extraire de dessous sa victime et se laissa rouler au sol, épuisé.
Des abords de la clairière sortit alors une créature dont la silhouette était difficile à séparer du reste de la jungle, une créature que Dérian finit par identifier comme était un Chlorodermien portant ses habits de chasse, entièrement couvert de couleurs vives.
Jusque là, Dérian avait toujours douté de la valeur d’un tel camouflage, mais ici, dans le milieu naturel des Chlorodermiens, il ne pouvait que se rendre à l’évidence: Cela fonctionnait, et plutôt bien. Avant que le Chlorodermien ne bouge, Dérian n’avait eu aucune idée de sa présence.
Le Chlorodermien s’approcha de la Bête vaincue et, après ce qui sembla être une courte prière, commença à la dépecer.
Dérian, épuisé, le regarda faire. Au moins, l’homme ne semblait pas agressif. Ce dernier retira la peau de la Bête puis découpa dans ses cuisses deux grands morceaux de viande, qui furent bientôt mis à cuire sur un feu qu’il démarra aux alentours.
Durant la cuisson, le Chlorodermien termina son travail. Quand il eut fini, il tendit à Dérian les canines et les griffes de la Bête. Dérian comprit qu’il s’agissait de trophées, preuves de sa victoire contre le monstre.
La viande cuite, le Chlorodermien tendit un morceau à Dérian, qui l’engloutit, affamé. Finalement, le ventre plein, il s’endormit.
Le lendemain, quand il se réveilla, le Chlorodermien était toujours là, veillant sur lui. Quand ce dernier s’appercut qu’il était éveillé, il lui tendit une sorte de gourde, contenant une eau propre et presque frâiche, un vrai délice dans les circonstances. Dérian tenta de le remercier, mais le Chlorodermien ne le comprit pas, ou en tout cas, n’en montra pas les signes.
Le Chlorodermin fit alors signe à Dérian de se lever, et de le suivre. Il s’approcha d’un amas de végétation, et en écarta une partie. Dérian blémit une nouvelle fois.
De l’autre coté, caché auparavant, se dressait un Torii, le signal de territorialité d’un Shogun Chlorodermien. Sans le savoir, sans le vouloir, il était entré en territoire ennemi. Il savait dès lors ce qui attendait, les Chlorodermiens ne prenaient pas ces choses à la légère.
Le Cholordermien lui tendit son sabre, qu’il avait visiblement récupéré sous le cadavre de la Bête. Pour la deuxième fois, il lui rendait son arme.
Dérian comprenait ce qui se passait, il avait suffisamment étudié les coutumes locales pour ne pas avoir de doute. Le Chlorodermien l’avait aidé, nourri et lui avait permis de se reposer afin qu’il puisse mener un dernier combat dans l’Honneur.
Dérian récupéra son sabre, et recula de quelques pas. Devant lui, le Chlorodermien sortit sa propre lame et se mit en position de combat.
Dérian, résigné, fit de même...

Deux semaines plus tard, un paquet fut déposé devant les portes d’une ville frontalière de Gatrial. Il était confectionné dans la peau d’un animal que les Impériaux n’avaient jamais rencontré, portant de fines écailles dans les tons verts et rouges. A l’intérieur du colis se trouvaient des os humains, finement nettoyés et incrustés de métaux nobles de même qu’un collier fait de dents et de griffes, provenant très probablement du même animal que la peau.
Ce fut la seule chose que l’on retrouva jamais de l’expédition perdue quelques semaines plus tôt..
Geist
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